mardi 19 juin 2018

Pauvre Attis, qui se meurt à Redon

Le sort de ce remorqueur me fait penser à celui d'une personne très âgée, un ancien combattant qui aurait connu ses heures de célébrité, l'amour et la reconnaissance des siens.   Et, après  un début de retraite heureuse, voilà qu'il  subit le  temps final de la la relégation, de la misère et de l'oubli...

L'Attis  rouille et tombe en lambeaux au port de commerce. En 2010, on pouvait le visiter, il faisait partie du musée de la batellerie. Il a trôné  à côté du Corbeau des Mers (ancré à Vannes), on expliquait aux enfants ce qu'il avait vécu ce jour du 6 juin 1944 quand  il a abordé les plages normandes, avec une grande armada qui venait délivrer notre pays.

Si l'on suit la rive droite de la Vilaine à partir du port de Redon, on emprunte un petit chemin qui s'arrête au port de commerce, et là, en se penchant un peu, on aperçoit l'Attis à travers les broussailles.






En faisant le tour par la route, on  reconnait sa silhouette à quai au port de commerce


Attis port commerce Redon

 Il contribue à donner un petit côté "cimetière de bateaux" au lieu.

Remorqueur américain au port de Redon
On m'appelait Attis...





Et son affichette de présentation a quelque chose d'une plaque mortuaire devenant de plus en plus illisible, au fil des ans...

***

Sur ce blog: l'Attis en 2011      le port de commerce de Redon

Un article de Ouest France, datant de 2016

4 commentaires:

Liliane Meursault a dit…

Il avait été question qu'on le découpe, non ?
Une restauration aurait coûté très cher, et à quoi bon ? Ce n'est pas une pièce rare, il n'a pas d'histoire particulière.
Pardon pour cet avis qui ne comporte aucun sentimentalisme. Les vieux bateaux ont toujours quelque chose de poignant.

Anonyme a dit…

Bonjour Musardise,

Belles photos, une fois encore. Le noir et blanc accentue la tristesse de son destin.
Votre texte est toujours une source d'information. Contrairement à la Grande-Bretagne, par exemple, notre pays n'est guère intéressé par la sauvegarde de ce genre de patrimoine, qu'il soit fluvial, maritime, ou bien routier. Question de budget, souvent...
Un autre bateau, photographié par vos soins, connait le même destin en bord de Vilaine, sous le pont routier.
Je le vois depuis des années et des années, immobile, refuge pour les oiseaux...
Il y a effectivement un aspect poignant dans le sort de l'Attis. Et votre blog, comme évoqué dans un commentaire précédent, prend toute sa valeur de témoignage du temps qui s'écoule, sur les choses comme sur les paysages.
Lors de mes déplacements à Redon, j'avais vu ce bateau, à quai... Et maintenant, il rouille inéluctablement...
Bien à vous,

Gaël

Musardise Saint-Just a dit…

Gaël: l'autre bateau sous le pont, c'est le bateau fantôme de la Belle Anguille. En été il se couvre d'herbe, j'ai vu un héron dessus. Je ne sais pas ce qu'il a vécu, lui, mais il n'est pas triste comme l'Attis qui aurait pu être considéré comme un monument historique.
Liliane: oui, il avait été question qu'on le découpe. J'ignore pourquoi on préfère le laisser s’effriter.

Anonyme a dit…

Bonjour Musardise,

Le fameux bateau fantôme... Je me demande toujours quel a été son destin avant d'échouer sur les bords de la Vilaine...
Effectivement, sa présence dans le paysage n'est pas aussi triste que celle de l'Attis.
Je ne connais pas la législation relative aux épaves, mais j'imagine que l'Attis avait un propriétaire ?
Auquel cas, qui s'occupe de la gestion des épaves... ?
En tout état de cause, il semble désormais que son avenir soit scellé.
Bien à vous,

Gaël

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