vendredi 6 décembre 2019

Paysage horizontal: Lézin, La Chapelle de Brain


Un rai de lumière filtre dans la brume et allume une partie des marais, au loin. Paysage romantique, le marais de Redon se la joue façon Turner en fin d'après midi. Quelle est la part du fleuve, quelle est la part des champs ? Elle change tous les jours, au gré des pluies.


         Route de Lézin, à la Chapelle de Brain, en semaine... On a du mal à croire que des hommes vivaient du marais, autrefois.  Ils pêchaient, cueillaient, récoltaient, fabriquaient des barques, chassaient, vendaient la peau des martres et des loutres.... Avant la construction du barrage d'Arzal, les marées remontaient la Vilaine jusqu'à Beslé, à plus de soixante dix kilomètres de l'embouchure du fleuve. L'eau de mer salinisait les terres et, se mélangeant à l'eau douce du fleuve et de ses affluents, participait à  la fertilisation d'un vaste espace réduit aujourd'hui à de toutes petites proportions. S'il y a toujours des grenouilles, des anguilles, des canards sauvages et autres petits gibiers, on n'y trouve plus le foisonnement et la diversité existant aux temps où les hommes s'abritaient sous des toits de roseaux.
Il n'empêche que  ce qu'il nous reste à voir est encore bien beau.

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Le barrage d'Arzal a été mis en service en 1970. Il n'y avait déjà plus de pêches comme celle décrite ci-dessous. Dans les années 80-90, il restait une dizaine de pêcheurs d'anguilles. Maintenant, ce poisson a presque disparu.  Barrage d'Arzal et gêne des migrations, pesticides, parasites, mélancolie animale ? Un ensemble de causes, sans doute. 

[...]Parlons de la pêche aux anguilles, telle qu'elle se déroule en Vilaine ou sur l'Oust, à l'époque des grandes crues hivernales, au moment où les poissons adultes migrent vers la mer. C'est la plus importante pêcherie de l'année, on peut y ramasser des tonnes d'anguilles. Elle nécessite tout un appareil de bateaux (les chalons), de viviers (les bottereaux) et une difficile implantation de grands filets à poche (les tézelles) en travers du courant. Vaste entreprise qui mobilise sur l'ensemble du pays plusieurs centaines d'hommes, répartis en équipages de trois personnes. Une affaire qui revêt des allures d'aventure: on campe, quelquefois pendant plusieurs semaines d'affilée, sur la rive du fleuve, dans les cabanes de branches et de roseaux. Et tout se passe en nocturne, par des nuits sans lune, quand souffle la tempête d'Ouest, ces nuits sombres, tièdes et tumultueuses que les anguilles choisissent pour descendre les rivières. Il faudra lever les filets à trois reprises, vers minuit, à 3h, à 7 h... s'occuper du  poisson (300 - 400 kilos aux bonnes prises),  débarrasser les mailles des algues et des débris flottants qui s'y sont agglutinés, remettre les choses en places, et puis, attendre patiemment à côté des feux de bivouac.[...] Le pays de Redon, Philippe LABURTHE - TOLRA.


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             Voir une vidéo très intéressante, réalisée par FR3 Bretagne évoquant la  raréfaction des poissons   dans la Vilaine


mercredi 27 novembre 2019

La Guillardais, Renac





    On nous a donné le choix entre le parapluie et l'imperméable. Finalement on a choisi l'imperméable qui nous sied à merveille, non ?  On pourrait peut-être envisager des bottes.  En novembre, fini l'herbe tendre, nous disait notre maman. Eh bien, on arrive encore à dénicher des petites pousses  vertes sous les tas de feuilles mortes Parties les mouches aussi! Nous ne sommes pas si malheureux que ça, quand on pense aux shetlands qui prospèrent sous d'autres pluies que les nôtres et se nourrissent de lichens. 



Allez les ajoncs, on éclot, on s'éclate, nous avons besoin de cette petite touche de couleur! 

lundi 25 novembre 2019

La fête de la soupe 2019 La Gacilly

Il y a de longues queues...

   Il fallait être motivé cette année pour goûter un maximum de ces soupes qui donnent des idées de réalisation pour le reste de l'année. Certaines étaient des mets très élaborés,  d'autres de rustiques bouillons non moins bons, et presque toutes donnaient envie de se resservir généreusement. Les files d'attente s'étiraient, les enfants plongeaient leur cuiller avec autant d'enthousiasme et de gourmandise que les adultes les plus affamés.

Soupiers amateurs




Hmm, c'est bon, c'est chaud !



Mange ta soupe, ça te fera grandir !

 "Vous avez beau dire, y’a pas seulement que d’la pomme, y a aut’chose...Ca serait pas des fois de la betterave ? »...




Les charmantes soupières de l'école Saint-Jugon



Comme les autres cours d'eau alentour, l'Aff rugit et bouillonne.



mercredi 20 novembre 2019

Promenons-nous dans les mégalithes de Cojoux

         

              Il y avait du monde sur les Grées de Cojoux, samedi dernier.  Les sportifs  qui venaient y courir comme presque tous les week-end,  les  cavaliers heureux qui s'enfonçaient dans la brume entre les alignements mégalithiques, un groupe  d'amis des chiens qui arpentaient les chemins avec une meute sympathique léchant les passants, les parents qui avaient décidé de perdre leurs enfants  (Ah, cette fois, on va le faire VRAIMENT, tellement vous êtes pénibles!), les enfants qui avaient décidé de perdre leurs parents (Viens, on va se planquer là, derrière les ajoncs, ils ne nous retrouveront jamais et on vivra comme les hommes préhistoriques!), sans compter les habitants des lieux, ânes et mules aux longues oreilles, salamandres tapies dans les roseaux et buses friandes de mulots...

                         

       Eh bien, salut les visiteurs! Nous sommes les ânes de Cojoux, et vous ? Vous seriez bien aimables de nous apporter une petite rondelle de carotte ou un quartier de pomme la prochaine fois, s'il vous plaît !




Qui promène qui ? 





     Éteignez vos consoles, rangez vos portables, et venez dans les landes ! Bien sûr, les chemins sont boueux, il faudra mettre  des vêtements adaptés, des chaussures ou bottes confortables, mais... un bon bol l'air préhistorique, ça vous ravigote à merveille !


       On ne peut pas voir le fond de la vallée quand il y a trop de brouillard. Attention de ne pas glisser, les enfants !

Les landes de Cojoux à Saint-Just


dimanche 10 novembre 2019

Le portail du Château du Brossay, à Renac

Portail du château du Brossay à Renac

     Le lierre s'accroche encore aux montants du portail du Château du Brossay, à Renac. Il ne s'est pas ouvert longtemps pour laisser le passage aux voitures à cheval, puisque  que ce château néo-Renaissance  fut l'un des derniers de ce type construit en France (en 1896). Ce portail   vu de la route est une image insolite qui symbolise l'ancien monde s'effaçant au profit d'un présent qui semble inquiet de ses destructions.
Il ne se passe pas de jour sans que l'on nous annonce  la  mort de l'automobile dans un futur de plus en plus proche, et nous  sommes spectateurs de  travaux  d'envergure au service d'un moyen de transport condamné.
Cet axe routier est en chantier depuis des décennies, et quand les gros engins jaunes arrivent à votre porte, quand les routes sont barrées un peu partout,  mieux vaut ne pas se poser trop de questions moroses  sur ce que l'avenir lointain nous réserve. Le présent est assez compliqué.

On commence à déplorer la disparition de personnes qui pensaient naïvement aller d'un lieu-dit de Renac ou Saint-Just à un autre lieu-dit du côté de Saint-Ganton, Guipry ou Brain-sur-Vilaine.  Ils ont   rebroussé leur  chemin à chaque nouveau sens interdit, erré d'un panneau de déviation à un autre jusqu'à ce que le réservoir soit vide, aperçu la mer au nord à Saint Malo et à Pénestin au sud, envoyé des appels de détresse, mais en vain.   Leur auto s'est embourbée  au fond d'un chemin défoncé, on ne sait où, ils se sont évanouis corps et biens.   Nul être doué de raison ne partira à leur recherche,  le péril est trop grand, tant pis...  Tant pis aussi pour ceux dont la famille  habite de l'autre côté de la route, dont on ne verra ni  grandir les enfants ni mourir le grand-oncle Théodule, et c'est souvent mieux comme ça.




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jeudi 7 novembre 2019

L'ïle aux Pies en novembre




Les saules sont en fête, c'est le temps de  la baignade pour eux...


Pour ce qui est de la promenade le long des rives en empruntant le petit pont de bois du GR 347... Il faudra revenir plus tard. Je trouve que les inondations donnent beaucoup de charme aux  vallées...






Les panneaux "Baignade interdite" me font sourire quand la baignade est la dernière envie de n'importe quel individu sensé.  Celui-là a sans doute son utilité en été. J'ai  connu le temps où une petite plage de sable était aménagée et entretenue ici même. Les familles venaient pique-niquer et se baigner... Jussie, algues vertes,  principe de précaution... On ne peut plus.

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L'île aux Pies en avril 2011

L'île aux pies en avril 2016

mercredi 6 novembre 2019

Le Pont d'Oust à Peillac





L'Oust est la deuxième rivière de Bretagne. Il est rejoint ici par le ruisseau des Fougerêts. Le site était d'une grande importance stratégique autrefois, il reste quelques vestiges d'une forteresse sur la butte de Cranhac à proximité.  Ce pont   est placé sur l' axe de circulation Nord-Sud de Haute-Bretagne, et voit passer  trois mille embarcations de navigation de plaisance par an. 



Tout près du pont il y a un camping avec une ancienne piscine en plein air.    Les  paysages sont préservés et apaisants, c'est un lieu de promenade apprécié des cyclistes en famille...


Le ruisseau des Fougerets rejoint l'Oust ici.

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lundi 4 novembre 2019

Grée et Moulin de Cojoux vus d'en bas


Le moulin de Cojoux vu de Quily. Le vent souffle fort  entre deux averses...



Le clocher de Saint-Just, perçant les feuillages, vu de la petite route en face du Val Hamon.

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vendredi 1 novembre 2019

Un temps de Toussaint


Vu de la route, en face du centre d'incendie, un élevage de porcs à Pipriac.

Il faut dire que la lumière triste, sale et voilée, n'arrange pas les choses...



Le moulin du Tertre, Pipriac


Un cheval sous la pluie, près de Pipriac

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mercredi 30 octobre 2019

Teillouse 2019






Concours de contes pendant la foire Teillouse, à Redon, le 25 octobre.  Un des premiers participants...

  Le théâtre était rempli.

Je n'ai pas manqué beaucoup de concours de contes à Redon, depuis trente ans au moins.   Je déplore chaque année la disparition d'anciens sur  la grande scène du concours. Il y en a encore, bien sûr, mais bon nombre d'entre eux a rejoint le  paradis, ou, hélas, l'ehpad de son secteur.
On n'y peut rien, mais je regrette ces petits vieux qu'il fallait remonter avec insistance de la buvette, qui titubaient avec un coup dans le nez comme s'ils étaient à un mariage.  Ils nous  embarquaient dans des histoires invraisemblables, déclenchant des hurlements de rire et participations diverses. De simples histoires de tondeuse capricieuse, de cochon diabolique, s'agrémentaient d'anecdotes  du temps présent.  On y raillait en passant les gens de la ville et les politiciens.
Nous avons toujours  heureusement cette veine de conteurs populaires, plus amusants  que les humoristes subventionnés de nos écrans ordinaires. Sous le chapiteau de la joute contée, ils ont partagé  tant qu'ils on pu leur trésor  nourri d'improvisations, de gouaille, de communion avec le public.
Les histoires du pays gallo sont souvent drôles, parfois grivoises, avec la part belle aux femmes et un brin de fantastique assez loin des contes finistériens, hantés par l'Ankou et présentant  des fins tragiques. Il arrive même que Jésus revienne sur terre, ayant fait "une croix sur l'Eglise" et choisissant le café de Paulette à Pipriac pour y vivre sa vie,
Quelle commère avait tenu un certain temps sur scène avec cette histoire de carte vitale qu'elle avait fini par plier en quatre pour caler le pied de sa machine à coudre ? Qui avait conté celle de ces paysans rentrant trop tard et trop saouls et se noyant dans un champ de maïs, ou l'hilarante et poétique aventure de la gamine tombée dans une marmite de soupe et ne parlant plus que gallo quand on l'en a sortie ?
Les conteurs modernes ne déméritent pas, mais leur présentation annonce la couleur: ils sont passés par des associations, des écoles, ils ont fait des stages qui enseignent  la gestuelle, le placement de la voix, les effets dramatiques.... et pour finir ils se ressemblent. Certains thèmes  sont universellement exploités:  le texte est respecté, certes, comme dans d'autres traditions où la mémoire orale exige une transmission exacte, mais je crois que ce n'est pas l'essence du conte gallo.   Il nous manque des conteurs qui intègrent  le contemporain au traditionnel. C'est un peu la même chose avec les chants, d'ailleurs. Les écoles de chant traditionnel fournissent un énorme travail de transmission, mais la vie a  changé, il n'y a plus de bonne du curé ni d'enfant vacher, et je suis bien contente d'avoir vu et entendu avant qu'ils ne s'éteignent tant de grands conteurs et  chanteurs avec une mémoire et un talent incroyables, qui mêlaient ce qu'ils avaient entendu la veille à la télé à des fonds d'histoires vieilles comme le monde.



Redon la nuit, pendant la Teillouse
  Comme chaque année sous le cloître Saint-Sauveur, il y avait une exposition de pommes et de champignons. Cette année est une année à champignons, il y en a partout.



 On trouve de tout à la foire Teillouse:


de quoi boire...


de quoi se vêtir


de quoi se nourrir

     



Marché aux châtaignes sous le pont, marché aux enfants sur le port, tout le monde repart pourvu et satisfait....

le marché aux enfants, un commerce florissant !



On peut aller voir sur le blog de Joe Krapov comment se sont passés les apéros poétiques du samedi soir (je n'y étais pas), et je ne suis pas allée au bout de de la Croix-des-marins non plus, il fallait payer pour passer. Ce n'est pas que c'était cher (gratuit pour les enfants et cinq euros pour les adultes), mais ça m'a un peu attristé qu'il n'y ait plus de musiciens dans les rues, un peu partout (les camelots déploraient le manque d'ambiance) et que tout soit ramassé dans le même secteur "parce que les artistes sont rétribués", m'a-t-on répondu. 
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Mise à jour 12 novembre: un article de Ouest-France intitulé Entree payante à la Bogue, cette polémique repose sur beaucoup de mauvaise foi
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Teillouse 2015Teillouse 2014Teillouse 2013Teillouse 2012, Teillouse 2011 

mercredi 23 octobre 2019

Une haie de pommiers à la Boscheraie, Guipry


          Une  haie de pommiers sur  une petite route, près de Guipry, à proximité du lieu-dit La Boscheraie ...
        Il y a beaucoup de créations de haies depuis qu'on a compris que leur arrachage présentait davantage d'inconvénients que de bons côtés. Leur plantation est subventionnée et encouragée depuis une dizaine d'années.  On y retrouve très souvent les mêmes essences, majoritairement locales d'ailleurs ( chêne, charme, érable, châtaignier, merisier )  dont l'utilisation va de pair avec la préservation du bocage, valorise les talus et agrémente les  bords de routes.  Elles remplissent  leur mission, évitant le ruissellement, donnant de l'ombre aux animaux en pâture, coupant le vent et abritant oiseaux et autres  bestioles utiles, mais elles ont un air de ressemblance un peu partout. Il y a de moins en moins de haies fruitières (comme il y a de moins en moins de vergers) et c'est pourquoi j'ai été contente de longer ce simple  alignement de pommiers qui bordait un champ.

         

lundi 21 octobre 2019

La fête des fruits d'automne, à Peillac



   Sous des trombes d'eau et de rares éclaircies, de nombreux vendeurs de fruits d'automne ont fait de leur mieux  ce dimanche pour écouler un peu de leur production; ils étaient sans doute bons à essorer  en fin d'après-midi


Eh oui, toutes ces pommes ont un nom... Le stand de Mémoire fruitière des Pays de Vilaine.


   Il y avait beaucoup de monde. Je ne sais pas ce que les Peillacois ont fait pour fâcher le ciel à ce point, mais ça devait être très très grave...




   Même sous le chapiteau bondé, il pleuvait. Il faudra astiquer les cuivres. Espérons que Wenceslas Hervieux ne retrouvera pas de grenouilles dans son accordéon !

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